9 août 2017

Mieux vaut Neymar que Drahi...



Mieux vaut Neymar que Drahi : les leçons de morale ça suffît !
Par Régis de Castelnau dans Causeur 7 août 2017

Avec l’arrivée de Neymar au PSG, on vient de vivre une jolie séquence de mépris de classe et d’aversion sociale. Chez les CSP plus ou moins plus, ce ne fut qu’une clameur : « Ces cons de prolos qui aiment le foot! Bandes d’abrutis! »
Dans un premier temps, ce furent les cris d’orfraie à propos des sommes en jeu dans ce transfert, puis les crachats sur ceux qui se réjouissaient ou qui faisaient la queue pour acheter son maillot.
Tiens, à propos de maillot, une petite histoire qui se passe dans le monde du rugby, mais qui en dit long. Et qui servira d’introduction.
C’est l’histoire d’un enfant lourdement handicapé en fauteuil roulant que son père accompagne au stade pour une rencontre de coupe d’Europe. Celui-ci avise le président du club qui reçoit et lui demande l’autorisation de faire un saut dans le vestiaire avant le match pour que son fils y voie son idole, l’Irlandais Sexton. Aussitôt dit aussitôt fait, la chaise roulante parcourt les couloirs et rentre dans le vestiaire. Au moment où Sexton s’approche, le gamin, les yeux brillants, écarte brusquement son blouson pour faire apparaître le maillot floqué au nom de son héros. Celui-ci gorge nouée, yeux embués, et mains tremblantes l’embrasse et lui promet le maillot qu’il porte pour la fin du match. Dans ce vestiaire plein de colosses sentant l’embrocation, on n’entend plus que des reniflements.
Il n’y a qu’un seul Neymar
Et c’est exactement la même chose dans le foot. Il suffit d’écouter Blaise Matuidi. Parce que oui, on l’aime le « passing game ». Le jeu du peuple, de tous les peuples. Et ceux qui y jouent et nous donnent ce plaisir, on les aime aussi. Et tant mieux s’ils gagnent du fric. Eux ne le volent pas. Il y a UN Neymar dans le monde, UN. Qui a bossé comme un chien pour y arriver. Comme il n’y avait qu’UN Zidane. Et des centaines de millions de gens qui les admirent (à juste titre). Même si on sait et le déplore, le rôle du big business qui se gave autour d’eux.
Mais personne ne semble choqué par la fortune d’un Drahi prédateur qui ne crée aucune valeur et s’est contenté de racheter les entreprises des autres avec l’aide de Macron. Il est pourtant 100 fois plus riche que Neymar. Personne ne s’offusque des Yachts à 200 millions d’€ pièce alignés par dizaines à Saint Tropez et par centaines à Monaco. Mais un gosse des quartiers qui sort du rang, c’est insupportable.
En général, les footeux ne se renient pas
Un grand joueur de football c’est une entreprise économique. Ils gagnent beaucoup d’argent mais ceux qui les emploient encore plus. Et ils font des sacrifices, renoncent à leur jeunesse, travaillent, et travaillent encore dans un système où il y a tant d’appelés et tellement peu d’élus. Quand ils deviennent riches, ils en font profiter la famille, le village, la ville. Parce que les footeux ne se renient pas en général.
Alors pourquoi tant d’amour pour ce jeu où on ne peut même pas mettre les mains?
« Le football est universel parce que la bêtise est universelle » disait Jorge Luis Borges, modèle d’arrogance intellectuelle qui se prenait très au sérieux. Mais là il y va quand même un peu fort. Ce qui apporte un peu d’eau à son moulin, c’est que la littérature entretient peu de rapports avec le foot. Pourquoi le football n’est-il pas lui aussi une « province naturelle de la littérature » comme le vélo ? Mystère. Pourtant, beaucoup d’écrivains l’ont aimé, voire  adoré. Beaucoup d’intellectuels aussi. Tous en ont parlé, plus pour se justifier de leur passion que pour l’expliquer. Souvent pour ne pas dire grand-chose. Comme Albert Camus: «Le peu de morale que je sais, je l’ai appris sur les terrains de football et les scènes de théâtre qui resteront mes vraies universités ». Précédé par Antonio Gramsci qui vante le « royaume de la loyauté humaine exercée au grand air ».
Neymar, madeleine de Proust des enfants d’aujourd’hui
Les passionnés qui ont pratiqué (j’ai eu cette maladie, qui s’est révélée incurable) se demandent ce qu’ils pourraient bien dire. Pasolini, qui y voyait « un phénomène de civilisation tellement important », a réglé le problème en expliquant que ce sport n’avait pas besoin de mots, son langage se suffisant à lui-même et à ceux qui le comprennent. Pirouette confortable, qui permet d’en faire une auberge espagnole. Chacun va y apporter ses penchants, ses souvenirs et ses émotions. Et les activer, qui en tapant dans le ballon, qui en regardant les autres le faire. En commençant par ce qui vient de son enfance.
Écoutez ceux qui vous parlent de leur passion pour le football, ils commencent tous par raconter leur premier souvenir de foot. En général vers huit ans, souvent avec son père, l’évocation, au travers d’un souvenir enjolivé, d’un moment de bonheur émerveillé. Avec d’immenses héros lointains, Kopa, Pelé, Platini, Maradona, Zidane, Messi, Neymar… Chacun a les siens, mais en fait, c’est toujours le même. Avec Saint-Exupéry, nous sommes tous « de notre enfance comme d’un pays ».
Le capitalisme a toujours fait du jeu une marchandise
Et puis au football, on y vient avec sa culture. C’est elle qui dictera aussi nos réactions. Ah, la soirée du 8 juillet 1982 à Séville, où la France, ridicule depuis 25 ans, parvenait en demi-finale du tournoi mondial où  elle affrontait l’Allemagne. En alignant, face aux brutes germaniques, un milieu de terrain constitué de quatre fils d’immigrés efflanqués qui était le meilleur du monde. Chacun connaît l’histoire et sa fin, horrible concentré d’injustice. Je me demande bien comment Camus et Gramsci auraient pu voir de la morale et de la loyauté dans l’agression de Schumacher et le penalty manqué par Bossis. Je ne fus pas vraiment surpris de la réaction d’une partie du public français qui, souvent Poulidoriste, adorant les vainqueurs qui perdent, invoqua la malchance, vaguement l’injustice, et plaignit beaucoup les vaincus. Pour ma part, c’était simple et stupide : la haine du boche.
Heureusement, intellectuels gommeux et petits-bourgeois sans passion nous expliquent doctement qu’en fait, nous sommes manipulés. On va nous apprendre tout d’abord que le football est un moyen de gouvernement, un moyen de pression vis-à-vis de l’opinion publique et une manière d’encadrement idéologique des populations. Ensuite, qu’il est devenu un secteur d’accumulation de richesse, d’argent, et donc de capital. C’est une marchandise clé du capitalisme mondialisé. Et enfin, il constitue un corps politique, un lieu d’investissement idéologique sur les gestes, les mouvements. Bigre. Il est vrai que la FIFA n’est guère reluisante. Association à but non lucratif, elle est en réalité une holding transnationale gérant le capital sportif et sa marchandisation. Un milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2013, et autant de réserves financières. Mais la transformation d’un jeu en marchandise n’est pas une nouveauté, le capitalisme l’a toujours fait, dès lors que ce jeu en valait la chandelle.
Le grand-pont de Pelé sur Mazurkiewicz
Cette approche ne répond pas à la question : pourquoi est-ce que tout le monde joue au foot aux quatre coins de la planète sur des terrains vagues, dans des cours d’école, sur les plages ? Et depuis très longtemps. Contrairement à ce que l’on peut penser, en Nouvelle-Zélande, le premier sport pratiqué est bien le football. Et comme, c’est le peuple qui joue, c’est souvent le sport des ouvriers, Jean-Claude Michéa, adorateur du foot mais conscient du problème, nous propose une explication compatible avec sa chère «common decency ». Alors, pourquoi cette fascination pour ce jeu bizarre, qu’on peut certes jouer partout, mais où le descendant d’Homo habilis n’a pas le droit de se servir de ses mains ?
La plus belle et fugace œuvre d’art que j’ai eu l’occasion de voir dans ma vie est « le grand-pont sur Mazurkiewicz ». Le grand-pont, c’est celui de Pelé en demi-finale de la coupe du monde 1970. Parti de la droite du terrain, il va à la rencontre d’une grande transversale que vient de lui délivrer Tostao. Le gardien uruguayen sort à sa rencontre. Pelé croise la trajectoire du ballon sans le toucher. Crucifiant le gardien stupéfait qui voit la balle passer à sa gauche et Pelé à sa droite.
Durée de la séquence trois secondes. Du geste génial qui nous arrache un cri que j’entends encore, une demie seconde. Fulgurance qui résume bien le football, un sport d’équipe organisé et rationnel et un JEU individuel et irrationnel.
Je n’aime pas trop le PSG, mais je vais me régaler à regarder jouer Neymar. En attendant M’Bappé…
Régis de Castelnau dans Causeur 7 août 2017

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30 juillet 2017

Eté meurtrier

"Agée de 53 ans, Anne Dufourmantelle philosophe et psychanalyste a trouvé la mort le 21 juillet, sur la plage de Pampelonne près de Ramatuelle (Var) dans des circonstances tragiques en portant secours à deux enfants en difficulté, finalement sains et saufs.Au cours de ce sauvetage, Anne Dufourmantelle a succombé à un arrêt cardiaque" Le Monde 26 juillet
Auteur d'une oeuvre importante j'ai noté qu'elle avait publié en 2011 Eloge du risque aux Editions Payot qui paraît bien en lien avec son geste altruiste et hélas fatal. D'autres titres donnent envie de lire, notamment L'intelligence du rêve ( Payot 2012), La sauvagerie maternelle ( Calmann Levy) et Puissance de la douceur ( Payot 2013). Le Monde dans sa rubrique nécrologique relate que dans son livre Eloge du risque elle commente " la célèbre phrase d'Hölderlin " Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve" 

 Elle était très connue dans le monde de la presse et des médias. "petite fille de, femme de, mère de... Evelyne Prouvost aura souvent été décrite par les hommes qui l'ont entourée. Mais après sa mort, mercredi 19 juillet, des suites d'une chute de vélo à Belle-Ile-en-Mer, la propriétaire du groupe Marie Claire a été saluée comme une "grande figure de la presse" "Pionnière, entrepreneuse, audacieuse, inspirante, attachante, Evelyne Prouvost Berry était tout cela à la fois " a écrit le syndicat des éditeurs de la presse magazine" Le Monde 27 jullet 2017
Un banal accident de vélo : l'été meurtrier...

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16 juillet 2017

Bonnes nouvelles du jour

Le monde est différent l'été !

http://www.bonnesnouvellesdujour.fr/

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1 juillet 2017

10 ans des Machines, le bide

La photo principale d' Ouest France ce matin 1er juillet devrait être montrée dans les écoles de journalisme et les écoles et collèges tout court : comment faire dire à une photo qu'il y avait - un peu, beaucoup ?  - de monde à la carrière Miséry, où était organisé ( aux frais de qui ?) un méga concert pour marquer, dans le lieu qui doit accueillir l'Arbre aux Hérons, les 10 ans des Machines de l'Ile. Voyons l'affluence : 5 personnes prises en gros plan, pas spécialement joyeuses, et un enfant  sur les épaules de sa maman qui faisait sans doute partie des organisateurs, vu le badge autour du cou ( "ambiance familiale" nous dit le commentaire..). Derrière une douzaine de personnes qui donnent l' échelle réelle de la fréquentation. S'il y avait eu une fréquentation digne de ce nom, conforme aux effets d'annonce de " l'évènement" , nous aurions eu droit à une photo en surplomb et un chiffrage amical.
Quand OF titre " Une fête en demi-teinte" les lecteurs habituels du journal qui connaissent son tropisme légitimiste, décrypte immédiatement " Le bide". De surcroît, des opposants à l'Arbre aux Hérons dans la carrière Miséry " de la commune de Chantenay" ont eu le mauvais goût d'exprimer visuellement leur désaccord. Bref,  l'affluence des fans pour ce 10ème anniversaire des Machines de l'Ile qui devait témoigner de l'adhésion populaire au projet  de l'Arbre aux Hérons, est un cuisant échec. De nature à ouvrir les yeux de nos dirigeants métropolitains ?



Si je voulais tirer un peu la couverture vers un projet qui est cher aux Transbordés, je dirais, qu'aussi longtemps qu'il n'y aura pas de franchissement piétons, vélos, souple, entre l'extrémité de l'ile et le bas Chantenay, la carrière Miséry n'aura pas d'attractivité touristique. Le bon sens !

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28 juin 2017

L'esprit public disparaît de France Culture...

Philippe Meyer a annoncé dimanche 25 juin la fin de son émission de débats exemplaires sur France Culture " L'esprit public". Une émission " qui rend(ait) plus intelligent" comme le pensaient beaucoup d'auditeurs. Un lieu où l'on s'écoutait, débattait, en prenant son temps sans être le porte parole de qui que ce soit. J'ai toujours eu beaucoup de plaisir à entendre Philippe Meyer, Jean-Louis Bourlanges centriste, ancien député européen, Thierry Pech président de Terra Nova, Sylvie Kaufmann du Monde, la très pertinente journaliste allemande souvent présente, et tous les autres participants depuis des années, tous de grande qualité et d'une courtoisie exemplaire.
Une sèche lettre recommandée de Sandrine Treiner la directrice de France Culture lui a notifié son départ sans argument ( comme Delphine Ernotte à l'égard de David Pujadas). " Un homme blanc de plus  de 50 ans " en moins dans les médias ?
"Il faut être économe de son mépris, il y a tellement de nécessiteux..." a conclu Philippe Meyer.

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23 juin 2017

Pont transbordeur à Gorges


Avec Yves Lainé et quelques amis sur place, nous avons assisté mercredi soir 21 juin au conseil municipal de Gorges dont l'objet était la présentation du pont transbordeur de Gorges, prévu comme équipement durable dans le cadre du Voyage dans le vignoble.
Les réflexion et commentaires d'Yves et de moi-même à l'issue de cette séance.

On recevait Jean Blaise qui venait présenter la situation .
Il y a eu débat, car des CM reprochent à Nantes Métropole :
  • D’avoir mal amené le projet, au moment où il était ficelé
  • C’est vraiment au dernier moment que les gorgeois sont associés.
  • Il y a d’autres priorités, comme l’aménagement autour du pont existant, mais NM n’est pas compétente
L’enthousiasme de quelques-uns et de Jean Blaise l’emporte cependant, mais sans vote car l’accord a déjà été acté.
Voici quelques images de la salle. Affaire à suivre. Y.L.

Tout à fait d'accord avec Yves.
On est un peu face à un processus semblable à celui de Nantes Métropole où les grandes décisions sont prises au niveau du Conseil communautaire et "imposées" aux communes.
Critiques aussi à l'égard du département qui met 100 000 € au pot, mais ne répond pas aux demandes d'amélioration du pont routier seule liaison entre les deux parties de Gorges.
Par ailleurs, un flou sensible sur les questions de maintenance et d'utilisation pratique.
Le pont transbordeur a manqué au sein du conseil proprement dit d'un avocat passionné comme l'était le représentant du conseil communautaire de Clisson Sèvre et Maine Agglo, Aymar Rivallain. Le maire Claude Cesbron était dans la discrétion qui lui est - semble-t-il - naturelle.
Bref le processus suit son cours. JCC


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16 juin 2017

Bienvenue

bienvenue   歓迎 (kangei)  bienvenido  welcome 

                 L. N.


C'est le pont transbordeur que Nantes n'aura pas

" C'est le pont transbordeur que Nantes n'aura pas " C'est ainsi que Jean Blaise a présenté devant les élus de la communauté Clisson Sèvre et Maine agglo, le projet de pont transbordeur sur la Sèvre au Liveau à Gorges en 2018. Déception de sa part face au élus nantais timorés qui l'ont refusé ? 
En tout cas, si le projet se concrétise ce sera bien le premier pont transbordeur depuis un siècle...
Hebdo Sèvre et Maine 15 juin 2017

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Les vrais résultats des législatives

Le Monde du mardi 13 juin illustre parfaitement les vrais résultats du 1er tour des élections législatives. Cela met bien - ou remet bien - les rapports de force réels dans le pays. La masse grise est la plus inquiétante. Par rapport aux inscrits, LR+ et PS+ font davantage de voix que LRM. La répartition des sièges relève de notre système électoral dont les excès devront sans doute être corrigés.


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15 juin 2017

Musée d'arts de Nantes suite

Ouest France Nantes a bien voulu m'accueillir hier 14 juin dans sa rubrique Forum

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11 juin 2017

Musée d'arts : débaptisons l'Ecole des beaux-arts

Après six ans de fermeture et un investissement de 88,5 millions d'euros, le musée des Beaux-Arts de Nantes va rouvrir ses portes le 23 juin. Sous le nom de Musée d'arts. Exit le beau et les beaux, exit les Arts avec un grand A ! Ce changement de nom n'a guère été explicité. Comme s'il était une évidence, qui s'imposait. Significative d'un changement et d'un élargissement de sa vocation vers la création contemporaine qui par là même ne voudrait pas se reconnaître dans la notion de Beau ?
L'absence d'explication et de débat sur ce thème m'interroge. N'a-t-on pas là un équipement destiné à tous, dans un souci culturel élargi vers des nouvelles populations en particulier les  jeunes. L'émotion, le beau, le plaisir ne sont-ils  pas les accès les plus faciles vers les oeuvres d'art ?
Je ne vois pas les demandes qui ont été formulées pour ce changement de nom. Je ne vois pas de changements équivalents ailleurs et particulièrement à l'Ecole des beaux-arts. Dans cette logique ne devrait-elle pas s'appeler l'Ecole d' arts, comme le pont du même nom. Est-ce que cela participe de la banalisation des arts, de la lutte contre l'élitisme et du bannissement de ce concept forcément  archaïque du Beau. Pourtant j'entends tous les jours les gens se souhaiter une " belle" journée, un "bel" été, une "belle" rencontre voire de "beaux" enfants...
Ce n'est peut être qu'un effet de mode, comme celui qui conduit la SNCF a débaptiser ses TGV - mondialement connus et appréciés - pour l'appellation improbable d" InOui" !
J'espère quand même voir dans quelques jours, un beau musée avec de belles oeuvres et de belles créations (et un bon restaurant !).

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10 juin 2017

88-2017 De la France Unie à la France en Marche

Pour avoir vécu comme acteur les élections législatives de 1988 sous la bannière de la majorité présidentielle de la France Unie, je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement avec la situation politique actuelle. Certes la victoire de Mitterrand sur Chirac n'avait pas l'ampleur de celle de Macron sur Marine Le Pen, mais sa victoire à 54 % était néanmoins nette et les législatives s'annonçaient très favorables au camp du président. Sachant qu'une majorité d'électeurs souhaitaient Michel Rocard, Mitterrand avait pris les devants en annonçant qu'il en ferait son premier ministre ( et en lui savonnant la planche par la suite...).
Poussé par Claude Evin, j'ai été le candidat de la France Unie dans la (nouvelle) 10e circonscription dite le Vignoble. Le slogan était très consensuel, très centriste et dans sa Lettre aux Français F. Mitterrand gommait toutes les aspérités et voulait faire oublier la cohabitation très dure avec Jacques Chirac. La campagne avait été passionnante pour le fervent rocardien que j'étais, et l'accueil, l'attente, avec des centaines de participants à certain meeting, était très stimulants. Entourée d'une équipe très sympa j'avais obtenu près de 36 % des voix dans un secteur défini comme nettement conservateur dont le député était Maujouan du Gasset par ailleurs maire de Gorges. Il passait au 1er tour avec 54% des voix. Nous n'étions à l'époque que quatre candidats ( Gautier pour le FN et Gouty pour le PC se partageaient le  reste des voix). Nous n'étions pas dans l'inflation des candidats d'aujourd'hui - 15 sur la 10è - pour la plupart motivés par l'aspect financier des campagnes !
Après le 1er tour, très favorable à la majorité présidentielle, une très forte majorité se dessinait à l'Assemblée nationale. De façon tout à fait inédite, François Mitterrand avait cru nécessaire de dire ( connaissant bien le PS et/ou pour ne pas faciliter la tâche de Michel Rocard) qu'il n'était pas bon "qu'un seul parti ait la majorité absolue des députés". Ce fut le cas et le gouvernement de Michel Rocard a du bagarrer dur pour faire passer certains textes comme la CSG...
Emmanuel Macron est sur une ligne proche de celle de La France Unie et son entente avec Edouard Philippe paraît excellente. La majorité absolue qui se dessine à l'Assemblée Nationale sera-t-elle un cadeau empoisonnée ? On peut le craindre, mais la politique est pleine de risques !

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3 juin 2017

Pujadas, Taddéi, deux hommes blancs de plus de 50 ans en moins sur les écrans

Delphine Ernotte présidente de France Télévision nommée par le CSA, avait marqué son entrée en fonction en soulignant qu'à ses yeux, il y avait sur les écrans de la télévision publique " Trop d'hommes blancs de plus de 50 ans". Elle vient d'en éliminer deux en peu de temps.
David Pujadas présentateur du 20 h de France 2 depuis 15 ans à la satisfaction du plus grand nombre de téléspectateurs, s'est vu débarqué de son poste, sans motif réel et sans ménagement ( " Fin de cycle" qu'est-ce que ça veut dire ?). Toute la rédaction de France 2 a été choquée et lui a manifesté son soutien. Une motion de défiance a été adressée  à Delphine Ernotte et à Michel Fieds le directeur de la rédaction, qui, entre temps, a démissionné jouant son rôle de paratonnerre. Bref, une manifestation choquante d'un pouvoir qui n'a pas un bilan glorieux, ni dans les audiences, ni dans la qualité des programmes. L'excellente audience dont bénéficiait David Pujadas grâce à son grand professionnalisme et son éthique journalistique, se retrouvera-t-elle avec Anne-Sophie Lapix choisie à sa place ? J'ai quelques doutes : son émission sur France 5 de 19 h à 20 h m' apparait typique d'un entre-soi parisianiste et un bon exemple du politiquement correct. On verra bien.
Deuxième " homme blanc de plus de 50 ans" mis à l'écart : Frédéric Taddéi qui dans son émission culturelle Hier, aujourd'hui et demain, diffusée une fois par mois le mercredi ( après avoir été quotidienne et hebdomadaire...) qui avait le grand mérite de nous faire découvrir des auteurs souvent surprenants, qu'on ne voit jamais sur nos écrans. France 2 a décidé de le reléguer au-delà de minuit. Avec élégance Frédéric Taddéi décide d'arrêter : il a raison. Ce mépris pour des hommes de talent est insupportable.

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30 mai 2017

Le pont transbordeur à Gorges, merci le VAN

Un pont transbordeur est en projet à Gorges. S'il se fait - l'an prochain - Jean Blaise et le VAN y seront pour beaucoup comme le rappelle le dernier n° de l'Hebdo Sèvre & Maine



Jean Blaise qui en d'autres temps disait que le Nouveau Pont Tranbordeur pourrait être le grand monument qui manque à Nantes, mais qui a bien senti le peu d'appétence des élites politiques nantaises pour notre projet, laissera peut être à Gorges sur la Sèvre, un pont transbordeur plus modeste (cf.extrait presse joint). Mais pourquoi être allé chercher un architecte tchèque ? Le Voyage A Nantes ( VAN) est en tout cas un puissant moteur à initiatives.Tant mieux si cela se fait dans ce charmant pays à quelques encablures d'où je suis né ! L'occasion de montrer que c'est d'abord un pont. L'occasion de faire revenir l'idée à Nantes ?

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22 mai 2017

Médias et présidentielles, un vrai pouvoir

Le comportement des médias a été l'occasion d'un échange de mails avec un ami qui suit notre actualité au-delà des frontières.
J'avais envie de revenir sur quelques aspects médiatiques de cette campagne. Le débat entre les deux tours a été déterminant dans le choix de nombreux électeurs. J'en ai eu des témoignages. C'est une nouveauté supplémentaire dans cette élection, alors que tous les commentateurs ne cessaient de nous dire - avant - que ce débat entre les deux finalistes ne faisait jamais "bouger les lignes" et n'avait pas d'incidence notable sur le résultat. C'était oublier que les électeurs aiment bien voir concrètement les candidats et juger non seulement leur programme, mais aussi leur façon d'être.Marine Le Pen s'y est fourvoyée...
J'ai toujours eu une exigence éthique à l'égard de la presse qui a des obligations de neutralité et d'objectivité. Je suis de plus en plus agacé par les journalistes qui nous disent que l'objectivité n'existe pas et que leur exigence, c'est l'honnêteté. A-t-elle été respectée dans la campagne présidentielle ? Pour le moins Emmanuel Macron a bénéficié d'un large soutien médiatique particulièrement dans les grands médias audiovisuels. Certains ont vu dans ce soutien le poids des grands groupes qui détiennent ces supports. Mais la télévision et la radio publiques n'ont pas été en reste. Certes, s'agissant de s'opposer à Marine Le Pen, la tentation pouvait être grande, et la légitimité évidente pour beaucoup. A tort, l'exigence démocratique doit s'imposer. Se transformer en instrument de propagande, imiter plus ou moins les ex démocraties populaires ou la Turquie d'aujourd'hui, est une vraie régression. Je crains que l'on s'habitue à ses dérives et à des médias versatiles qui après avoir encensé Macron passeront peut être au Macron Bashing dans quelques mois ...
On suivra tout ça sur la nouvelle page blanche qui s'ouvre !

 

Merci pour ta réponse pertinente, surtout en ce qui concerne la versatilité des médias. je ne doute pas, également, du prochain "Macron bashing".
Nous sommes abreuvés en permanence de pseudo-analyses qui interprètent tous les faits et gestes des politiques (…même quand il n’y a pas de fait!).
L’image est également sujette à interprétation (un exemple: sur la photo du nouveau gouvernement Edouard Philippe est quelques centimètres en retrait des ministres qui l’entourent; cela à fait l’objet de commentaires). Même les émissions TV "de bonne réputation" (TV5 ou Arte) tombent dans le people.
On peut avoir de l’humour, même dans les sujets sérieux, mais de là à transformer des entretiens de personnalités en séances "foireuses" ?

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