14 décembre 2017

Aéroport , un choix très lourd pour Macron et pour l'Ouest

Comme prévu, les médiateurs désignés par le gouvernement ont rendu un rapport conforme à l'appréciation qu'ils avaient initialement sur le projet de transfert de l'aéroport Nantes Atlantique : deux sur trois étaient hostiles. En reprenant les arguments des opposants au transfert, en augmentant certains chiffres, en minorant d'autres, en ignorant l'indemnisation de Vinci, ils veulent faire apparaître la rénovation de Nantes Atlantique comme une alternative crédible. L'avantage de ce rapport est de mettre en avant un certain nombre des objections des opposants. Peut être de rééquilibrer le débat, si cela était nécessaire. J'en doute, en raison du forcing des médias qui dans leur grande majorité - comme à l'habitude - ont pris le parti "des petits contre les grands".
Emmanuel Macron a les éléments pour décider. Pour moi qui je dois le préciser, aura beaucoup plus d'inconvénients avec le nouvel aéroport qu'avec l'actuel ( passer de 20 minutes de trajet, à 1 h 30), le transfert doit s'imposer. Il en va de l'avenir économique de notre région. L'aéroport n'est pas seulement une question d'emprise*, de coût comparatifs, de respect de la consultation publique votée à 55,17 % par la majorité des habitants de Loire Atlantique. C'est un grand équipement structurant pour l'Ouest. Déjà Nantes est à l'écart des nouvelles lignes LGV qui mettent Bordeaux à deux heures de Paris, Rennes à une heure trente, alors que la capitale de région en est toujours à deux heures (au mieux !) comme en 1989. Si tous les élus locaux se sont retrouvés pour soutenir le transfert, les carences de certains - je pense au département 44 - dans l'équipement routier et les franchissements de Loire, font que nous accumulons les retards par rapport aux autres capitales régionales de l'Ouest. Ce n'est quand même pas un hasard si tous les responsables d'exécutifs politiques et économiques se prononcent pour le transfert. Le choix présidentiel doit être dans la ligne politique qui l'a conduit au pouvoir. La restauration de l'autorité de l'Etat, un choix assumé et explicité pour un équipement du XXIè siècle, et le respect de la démocratie.

* La comparaison de NDDL (DUP à 1650 ha, 537 ha à l'ouverture, dont 147 bitumés) au Larzac ( La zone militaire passait de 3 000 à 17 000 ha) est une des aberrations entendues dans des débats télévisés...Faut-il rappeler que ces emprises sont inférieures à l'étalement urbains chaque année dans le département 44 ?

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10 décembre 2017

Johnny porte sa croix

Jade, Joy et Laetita Hallyday portant la croix Johnny - 9 décembre 2017 - AFP

C'est un signe religieux qui pouvait être considéré comme ostensible, surtout le jour anniversaire de la loi de 1905 sur la laïcité, marquant la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Mais c'est ainsi, ce crucifix unique représentant une femme et une guitare (cassée ?) était le bijou auquel Johnny Hallyday était le plus attaché, une sorte de porte-bonheur. Laetitia Hallyday le portait avec élégance sur fond noir, lors des obsèques de Johnny devant des millions de téléspectateurs et la foule immense de Paris rassemblée avec ferveur dans la capitale.
Ce grand rassemblement transcendait les générations et les classes sociales, même si le peuple modeste était largement majoritaire. C'était la France des racines chrétiennes, du XXè siècle, de ses usines et de ses églises, éloignée de l'image dominante donnée par les grands médias. Ce n'était pas le peuple de " Je suis Charlie" , ni celui des quartiers où la diversité est dominante.
La cérémonie à l'église de La Madeleine, a montré également que les cathos restent ouverts, disponibles, à tous ceux qui peuvent  aboutir à l'église, après des chemins compliqués. Avec des prises de paroles, diverses, émouvantes, partagées, entre ceux qui croient et ceux  qui ne croient pas.( Un aparté: les journalistes qui  commentent ces cérémonies devraient savoir qu' une messe n'est pas la même chose qu'une célébration funéraire).
Pour finir sur ces références chrétiennes et sur cette vie secrète de Johnny, je serais tenté de dire à tous ses fans qui ne peuvent aller à Saint Bath et se sentent orphelins d'un lieu de pèlerinage, de regarder les anciennes croix érigées aux carrefours de nos campagnes et nos villes, il y a plus de cinquante ans ( et que le Conseil d'Etat ne semble pas connaitre !). Et de penser que pour leur idole Johnny,  ce symbole avait un sens. Sans être obligé de partager ce sens...

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8 décembre 2017

Un grand mail sur la Loire ?

En suivant ce matin sur Télénantes, les débats du conseil communautaire, j'ai noté :
1- Sur les franchissements, Bertrand Affilé parle de " grand mail qui enjamberait la Loire" d'un "espace de franchissement". En réponse à une intervention de Julien Blainvel concernant le chiffre de 50 millions paru dans la presse, B.Affilé a, de fait, considéré que ce pourrait être l'ordre de grandeur du coût total, les études devant préciser les choses. Il a considéré que les piles actuelles d'Anne de Bretagne pourraient être utilisées, mais en se situant au niveau de la plate forme. Blainvel a aussi évoqué la nécessité de permettre la naviguation fluviale, ce qui n'a pas été repris parB. Affilé dans sa réponse. En d'autre termes, un pont " grand espace" pour le tramway, les autos, les vélos, mais pas pour les bateaux...Omission significative ?
Noté également l'enthousiasme de Johanna Rolland parlant in fine d'un projet "absolument passionnant, absolument majeur" !
Le premier projet structurant post Débat sur la Loire, est donc lancé.
2 - Dans l'après midi, le dossier du premier financement de l'Arbre aux Hérons a été expédié quasiment sans débat : l'heure de la digestion ?
Sur la démocratie locale : En mettant plusieurs dizaines de questions à l'ordre du jour, dont certaines essentielles - les franchissements, pt 6, ont été abordés à midi - on vise à réduire le plus possible les débats, et à épuiser les participants.
Télénantes fait le service minimum, mais c'est en direct, ce qui donne à voir la communication non verbale et les incidents...

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Jean et Johnny, ils étaient notre identité

"Jean d'Ormesson et Johnny Hallyday partageaient un même caractère franco-français.
Le premier est aussi peu traduit à l'étranger que le second y est peu connu.
Si notre identité est la part de nous-mêmes que nous ne partageons pas avec l'autre,
ils étaient notre identité."
Vincent Maunoury - courrier de La Croix - vendredi 8 décembre 2017

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6 décembre 2017

Chéri j'ai rétréci la Loire...



" Chéri.e j'ai rétréci la Loire !" C'est le prochain titre de l'actualité des franchissements de la Loire, dont le premier acte va être posé vendredi 8 devant le conseil communautaire. Exit le pont Anne de Bretagne inesthétique et trop étroit. Place à une grande plateforme au niveau des berges qui elles-mêmes seront élargies. Bonjour les inondations !. La Loire rétrécie, voilà la solution. Sur quelle longueur ? sur quelle largeur ? Ce n'est pas dit, mais on semble vouloir y inclure la carrière Misery...
Une nouvelle fois - après le miroir d'eau rétrécie - on va chercher un modèle à Bordeaux, avec le pont Simone Veil dont les travaux viennent de débuter, pour un budget prévisionnel de 121 millions € (cf. Wikipédia). Et qui est un vrai barrage pour les bateaux. Prépare-t-on un bras de la Madeleine interdit aux voiliers et au Belem ? Cela y ressemble.
Les autres extraits de OF ( qui sort de sa torpeur) montrent que la contestation de la gouvernance des grands projets se fait de plus en plus entendre : "Johanna la cachottière" et des chantenaisiens insurgés contre " L'Arbre à pognons"...

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28 novembre 2017

Macron : conflit de génération ?

Emmanuel Macron entre-t-il, consciemment ou non, dans un conflit de génération  ? la question me vient à l'esprit avec son discours aujourd'hui à Ouagadougou devant les jeunes étudiants. J'ai le sentiment d'être dans la cible.
Il y a bien sûr, les mesures fiscales ou sociales visant les retraités et l'augmentation de 25% du taux de la  CSG sur les pensions à partir du 1er janvier. Mesure complétée pour les membres des classes moyennes supérieures par le maintien de la taxe d'habitation. Je suis dans les 20% des contribuables non exonérés (et la TH est exorbitante dans beaucoup de régions !) Après 2018 la TH ne va pas manquer d'augmenter rapidement puisqu'elle touchera uniquement des contribuables "aisés"...Les choix politiques sont respectables, encore faudra-t-il que les modalités pratiques soient validées par le conseil constitutionnel, car pour cette dernière mesure, "l'élastique" semble bien tendue au regard de l'égalité devant l'impôt.
Son discours du jour au Burkina Faso " Pays des hommes intègres" où il dénonce les crimes de la colonisation commis par les européens résonne bizarrement à mes oreilles. Ils ont eu lieu c'est certain, mais pour reprendre une formule macronienne, " en même temps" grâce à la colonisation et à la Françafrique,  Emmanuel Macron a pu faire un discours compris par des millions d'africains. Il fait son voyage dans des pays, qui à l'image de la zone euro, sont dans une zone de monnaie unique avec le franc CFA. Ce franc CFA, qui  assure la stabilité monétaire indispensable pour le développement. Sans parler de toutes les infrastructures médicales, d'éducation, d'urbanisme et d'équipements publics.
La façon dont E.Macron renvoie ceux qui ne sont pas de sa génération, "aux ténèbres" de l'obscurantisme est tout à fait choquante, (à l'image de Jack Lang en 1981 parlant " Du passage de l'ombre à la lumière" à propos de l'arrivée de la Gauche au pouvoir).
A l'âge où j'étais plus jeune que Macron, à partir de 1966, j'ai passé huit ans en Afrique francophone au titre de la coopération. Plutôt que de m'ennuyer dans une caserne, je suis parti faire mon service national au Congo Brazza puis ai travailler en coopération dans ce même pays et en Côte d'Ivoire. Avec des jeunes enseignants, ingénieurs, cadres de la fonction publique, nous avons fait le job, formé des cadres locaux, préparé sérieusement le passage de relai, et appris à mieux connaître et aimer ces pays. Un vécu qui vaut bien les 6 mois de stage passés par le jeune énarque Macron dans une ambassade !
Alors Monsieur le Président "ne jeter pas le bébé avec l'eau du bain", ne méprisez pas les anciens, cessez de ne voir qu'une couleur, ne soyez pas arrogant et donneur de leçons, comme vous l'avez été parfois aujourd'hui.

PS 1. En complément de mon billet récent sur le  départ de Mugabe ex-président du Zimbadwe, j'apprends dans La Croix ( 28.11.2017) que son ex-bras droit qui lui a succédé au pouvoir, vient de lui attribuer "huit millions d'euros d'indemnités de départ, un salaire annuel de 125 000 € et une totale immunité" . Dans un pays qu'ils ont conduit à la ruine...
PS 2. Dans les médias beaucoup de référence - en général une petite phrase - pour enfoncer le discours de Sarkozy à Dakar.Mais quelques mois plus tard, Obama au Ghana avait tenu pratiquement le même discours, stimulant pour les Africains. Dans les médias, OK pour Obama, KO pour Sarkozy !


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25 novembre 2017

Exotisme

Voyage gastronomique au Manoir de la Boulais: Pour marquer un ...quart de siècle !

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19 novembre 2017

Mourir dans un concasseur

Un concasseur est un très gros équipement des carrières de pierres qui a comme rôle de réduire en des blocs plus réduits la production extraite du site. C'est impressionnant et très bruyant. Ouest France cette semaine a rapporté que dans une carrière du nord du département, un ouvrier est mort déchiqueté par un démarrage inopiné d'un concasseur dans lequel il était descendu pour débloquer le système. Une vie brisée dans la banalité du travail quotidien.
Si ce fait divers a retenu mon attention, c'est parce que mon propre père a connu le même risque lorsqu'il travaillait à la carrière de Gorges. Pour faire bouger des blocs dans un concasseur, après avoir fermé le mécanisme, il était descendu dans la fosse. A ce moment un chauffeur voulant s'approvisionner aux trémies du concasseur était sur le point de faire redémarrer la machine. Par chance, un collègue avait vu que mon père était à l'intérieur et évita la catastrophe. S'il n'avait pas été là...
Mourir sur son lieu de travail reste toujours pour moi un vrai scandale. On parle peu des accidents évités, mais je constate que dans certaines situations les progrès sont bien lents.

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18 novembre 2017

Mugabe à la porte, enfin !

A 93 ans et après 37 ans de pouvoir sans partage à la tête du Zimbabwe, Robert Mugabe est en train d'être chassé de la présidence.
Robert Mugabé est un exemple caricatural de la mal-gouvernance en Afrique. Accédant au pouvoir après une lutte anti-coloniale, il était à la tête d'un pays, l'ex-Rhodésie du Sud, qui était qualifié de "grenier de l'Afrique"  en raison de sa richesse agricole et  de sa production céréalière. Certes, cela tenait en grande partie à la place occupée par les fermiers blancs dans un schéma colonial, mais les gens mangeaient à leur faim. Et une autre décolonisation était possible. Mais Mugabé  n'a pas été Mandela, plutôt son contraire.
En 37 ans le Zimbabwe a été entrainé dans une gouvernance de spoliation, de corruption, et de massacres de civils. En 2016 le pays est à la 155è place sur 190 dans les classements de l'ONU pour l'indice de développement humain. Des famines touchent la population, l'inflation a atteint le chiffre astronomique de 231 0000 000% en juillet 2008 ! ( cf. Wikipedia). Tout a été excessif dans cette période pendant laquelle Mugabe a toujours sauvé son pouvoir en jouant sur l'image du libérateur du pays, de champion de  la lutte anti-coloniale, permettant à son clan de s'enrichir de façon éhontée : la jeune épouse de Robert Mugabé que le vieux président voudrait voir lui succéder, ne porte-t-elle pas le surnom de "Grace Gucci" en raison de ses shoppings extravagants à Singapour. Toutes proportions gardées on ne peut s'empêcher de faire le parallèle avec l'emprise du FLN sur le pouvoir en Algérie depuis cinquante ans, le "demi-mort" Boutefika jouant le rôle de Mugabé.
Aujourd'hui pour la première fois les habitants de la capitale Harare sont descendus dans la rue pour que Mugabe parte enfin et qu'un pouvoir digne de ce nom dans l'intérêt de la population, se mette en place. Mais comme le titre La Croix - 17.11.2017 - sous la plume de l'excellent Laurent Larcher " Au Zimbabwe, un tyran peut en cacher un autre" en l'occurrence le vieux complice de Robert Mugabe, l'ancien vice-président Emmerson Mnangagwa ?

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11 novembre 2017

Anne Nivat invitée de l Observatoire des médias

Autour de son livre "Dans quelle France on vit" (Fayard 2017 ) Anne Nivat grand reporter de guerre et ecrivaine,  a  passionné les 400 auditeurs de l'Observatoire des médias de l'université permanente de Nantes.

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7 novembre 2017

Paradise papers : un scandale ?

Le droit a-t-il à voir avec la morale ? tous les juristes et constitutionnalistes vous diront que non. Si l'on respecte le droit chacun peut vivre libre dans une démocratie.
Les gros titres et les nombreux sujets repris à propos des Paradise papers sont certes à la mesure de l'investissement et du travail effectué par 96 médias dans 67 pays. Mais  tout ce qui est volontiers dénoncé comme scandaleux et relevant de la fraude fiscale, n'est, dans la quasi totalité des cas évoqués, que de "l'optimisation fiscale" selon l'expression des fiscalistes. C'est à dire  la recherche du moindre coût fiscal en respectant  les différences de fiscalité entre les pays. C'est fondamentalement différent de la fraude fiscale qui vise à dissimuler son argent ou maquiller ses comptes, ou ses opérations, en contradiction avec la loi. Entre les deux, il peut y avoir l'abus de droit qui est vraiment l'affaire des spécialistes. Pour prendre un exemple simple, un journaliste qui comme tous ses confrères au moment de la déclaration de revenus déduit  7 650 € au titre de frais professionnels "supplémentaires" par rapport aux autres salariés optimise sa déclaration fiscale et concrètement paie moins que son voisin à salaire égal. Ce n'est pas de la fraude. Est-ce moral ? je ne sais, mais c'est légal.
Puisque la morale est facilement mise en avant dans ces affaires par la presse, peut-on également s'interroger sur les entorses au droit par lesquels ces milliers d'informations ont été obtenues, voire dérobées ? on me dira que c'est pour la bonne cause. Peut-être, si l'on se fixe comme principe que "la fin justifie les moyens", comme lorsque l'on fait de l'investigation avec des caméras cachées en mentant sur ses intentions. Pas très moral...
Bref, je n'aime pas la presse donneuse de leçons, mais d'un autre côté, je regrette la disparition du consentement à l'impôt et à sa légitimité, qui génèrent ces valses de milliards.

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6 novembre 2017

Nouvelle ecole des Beaux Arts de Nantes 2

Nouvelle école des Beaux Arts de Nantes

30 octobre 2017

Jacques Sauvageot

Jacques Sauvageot l'un des leaders étudiants de mai 68 ne sera pas là, pour le cinquantième anniversaire qu'Emmanuel Macron envisage de célébrer l'an prochain. Il est décédé samedi dernier à Paris des suites d'un accident de circulation intervenu en septembre.
S'il est quelqu'un qui ne portait pas le titre "d'ancien de..." c'est bien Jacques Sauvageot, qui est resté fondamentalement militant socialiste toute sa vie, proche de Michel Rocard et gardien de la mémoire du PSU. Il a été professeur dans les années 90 à l'école des Beaux-Arts Nantes. Durant cette période nous avons milité et débattu avec lui au plan nantais. Si ma mémoire ne me trahit pas, c'était un groupe qui s'intéressait à l'actualité politique locale et particulièrement à la politique culturelle. Les ambitions  restent flous dans mon esprit, mais la détermination et l'engagement de Jacques Sauvageot faisaient de lui le leader incontestable de ce petit groupe où se retrouvaient des militants ou anciens militants du PS et/ou de Vie Nouvelle.
Je salue sa mémoire et ses grandes qualités humaines.

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27 octobre 2017

balancetonporc ...

C'est le hashtag qui inonde les médias en réaction à l'affaire Harvey Weinstein ( je passe sur les incertitudes de prononciation selon les chaînes radio ou télé). Le scandale est énorme. Et personne ne conteste la nécessité pour les victimes de s'exprimer sur les harcèlements ou agressions qu'elles ont pu subir. Mais pourquoi avoir choisi un nom de site aussi vulgaire, agressif et contestable dans sa composition. Balance ton porc est fortement désobligeant pour les porcs,  animaux pacifiques et paisibles, hélas trop souvent maltraités pour notre confort alimentaire; si proches de l'homme comme le montre de nombreuses expérimentations médicales, enfin  très propres sur eux, pour peu qu'on les mettent dans des conditions d'hygiène favorables. La Balance de son côté, n'a pas bonne presse dans un pays - et pas seulement en Corse - où la dénonciation  très souvent anonyme, et avec de mauvaises intentions, rappelle les heures sombres de la collaboration et les perversions de l'Etat français de 1940 à 1944. La juxtaposition balancetonporc n'est peut être pas non plus sans résonance psychanalytique pour peu que l'on inverse le p et le c : le hashtag devient balance ton corp(s)...
Heureusement il existe le hashtag me.too ou moi.aussi qui poursuit un but d'expression du même ordre mais sans l'agressivité de balancetonporc.

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16 octobre 2017

Macron et les journalistes

Selon les gazettes, Emmanuel Macron aurait assez peu de considération pour les journalistes qui, pour la plupart, ne seraient pas en mesure de le suivre sur des développement politiques et philosophiques. Les 75 minutes passées hier soir sur TF1 avec Gilles Bouleau, Anne-Claire Coudray et David Pujadas l'ont sans doute renforcé dans cet opinion, même si les trois journalistes n'ont pas démérité.
Pour relever quelques travers, le début de l'entretien a montré que parler des "gros mots" et autres "bordels" était absolument prioritaire, alors que d'un autre côté la langue de bois est vivement fustigée. Le sujet passionne les médias mais pas les Français davantage soucieux d'économique et social. Sur ces questions les journalistes ont vite été largué sur certaines questions techniques pour lesquelles Emmanuel Macron - sans aucune note pendant tout l'entretien -  relève " Attentez pour être précis, il faut dire...". Dans ces développements, le fait de ne pas accepter de se laisser interrompre par un (e) journaliste est vivement critiqué par certains confrères aujourd'hui. Pourtant les Français veulent écouter le président en priorité. Quand les questions sociales ou fiscales sont abordées, les trois journalistes deviennent " les délégués du comité de quartier" scandalisés par toutes les inégalités surtout de revenu. Indignation de personnes riches,ce que ne manque pas de relever le président, qui s'inclue dans cette population. Vient alors un silence... Autre exemple du dialogue à deux niveaux différents, quand la question Trump a été abordée. Tout frétillant, les trois interviewers, parlant en même temps s'attendaient à je ne sais quel scoop ou formule pour être du côté des rieurs, au détriment de cet incompréhensible président des Etats-Unis. Emmanuel Macron a très justement recadré les choses au niveau de deux pays amis et alliés dont les relations dépassent les petites chroniques dont les médias nous abreuvent.
Malgré tout, beaucoup de sujets ont été abordés et l'objectif pédagogique a sans doute été atteint. C'est bien là l'essentiel qui justifie pleinement l'exercice.

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14 octobre 2017

Royal de Luxe va-t-il rendre l'argent ?

11 octobre 2017

Football, ennuyeux et énervant

Une nouvelle fois contre une équipe de Biélorussie bien modeste, l'équipe de France de football a été incapable,  à part une dizaine de minutes, d'enthousiasmer le public pourtant prêt à s'y mettre. Dans un Stade de France plein, l'équipe de Didier Deschamps a une nouvelle fois ânonné son football : absence de rythme, " perte de temps" à répétition dans des passes entre défenseurs et milieu de terrain, engagement douteux de certains joueurs, incapacité à se projeter à l'avant dans des contre attaques éclairs, permettant de créer des espaces pour les attaquants,  toujours maltraités ou ignorés dans cette équipe.
Certains disent que cette équipe est construite autour de Giroud. J'en doute quand je vois le faible nombre de centres de qualité qui lui sont adressés alors qu'il exploite avec un engagement exemplaire tous ces ballons, le nombre très limité de passes venant des joueurs de milieu de terrain, à part Matuidi, toujours excellent. Cette équipe ne montre pas d'automatisme, pas d'accélération, donne le sentiment que jouer dans la largeur du terrain avec des passes à 3 m, l'intéresse plus que de jouer dans la longueur où il faut se confronter à l'adversaire. J'ai d'ailleurs toujours trouvé absurde les statistiques de " passes réussies" quand les défenseurs peuvent "faire circuler le ballon" en jouant en retrait entre eux ou avec le gardien, attendant je ne sais quoi, ou "jouant la montre".
Bref un football de petit comptable, où l'on ne voit pas  de plaisir de jouer et de construire du jeu efficace et spectaculaire. Pourtant cela existe : les grandes nations européennes l'ont montré dans cette phase qualificative de la coupe du monde.

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9 octobre 2017

Lynchage et Lâcheté

Lynchage et lâcheté, deux termes forts pour qualifier ce qui s'est passé le samedi 31 octobre dans l'émission "On est pas couché"  que je ne regarde pas étant peu intéressé par le mélange des genres, et le côté bateleur de Laurent Ruquier. La chronique ci-dessous de Jean-Claude Raspiengas dans La Croix exprime une juste indignation face à cette télévision du buzz à tout prix. " Une télévision de sévices publics"

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5 octobre 2017

De Rugy fait la leçon à Johanna Rolland

4 octobre 2017

Attentats, supporte-t-on la vérité ?

Selon un proverbe populaire espagnol " Il ne faut pas montrer la vérité nue mais en chemise" . Une grande partie de la presse audiovisuelle fait sienne ce proverbe, quand il s'agit de parler de l'attentat terroriste de dimanche dernier à Marseille, où deux jeunes filles ont été tuées à l'arme blanche par un assaillant qui, aux dires de témoins, aurait crié " Allah Akbar"en se précipitant sur ces victimes. Faut-il dire ou ne pas dire qu'une des deux jeunes filles a été égorgée et que l'autre a reçu un grand nombre de coups de couteaux dans le ventre "à la vitesse d' un marteau piqueur" ( Le Monde) selon un témoin de la scène ?.  Dire simplement qu'elles ont été tuées " à l'arme blanche" n'est-ce pas édulcorer, banaliser, prendre de la distance,  vis-à-vis de cet attentat particulièrement violent. D'un autre côté, être explicite sur les circonstances précises de ces assassinats, n'est-pas susciter un surcroît d'émotion et d'horreur, qui peut être insupportable à une partie de l'opinion ?
A priori, la mission du journaliste est de rendre compte des faits, de la façon la plus objective possible, sans en rajouter, ni en retrancher, ni porter de jugement. Si l'on considère que relever qu"Allah Akbar" est très souvent la signature d'un attentat islamique, et repris à ce titre par la presse, il est significatif au même titre, que le mode opératoire du terroriste en visant la gorge de sa victime, "signe" son crime et par là même oriente l'enquête de la police. Il est sans doute plus important de dire la vérité des choses dans ce domaine du terrorisme, que dans n'importe quel fait divers sans conséquences politiques.
En revanche, pour ce qui concerne les images, je suis réservé, car il y a trop souvent un usage abusif ( cf. chaîne d'info en boucle), une recherche de voyeurisme,  qui n'apportent pas souvent dans ce domaine, un supplément d'information appréciable. 

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2 octobre 2017

Autour de Bagnere de Luchon

Dans une vieille et jolie église à flanc de montagne à Cazaril Caspenes près de Bagnère de Luchon, ce tableau réalisé en 1976 d'un enfant du pays,  Jacques Sourth : "La Madone à la clef".

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22 septembre 2017

L’échec très discret du tram-train Nantes-Châteaubriant



Il ne faut pas manquer la dernière enquête de Médiacitées Nantes 
L’échec très discret du tram-train Nantes-Châteaubriant
Inauguré en grande pompe il y a trois ans et demi, le tram-train qui relie Nantes à Châteaubriant enregistre un trafic très inférieur aux prévisions ( dernières stats données : 1000 et quelques passagers/jour alors que les objectifs 2017 étaient de 11 000 passagers/jour) et oblige à des correspondances ubuesques au delà du terminus. Le prix de cette originalité ? 270 millions d'euros...(Région, Département, Métropole, Europe, Etat…) tout le monde a mis la main à notre poche. Sujet tabou !
Une très bonne enquête de Médiacitées Nantes, bien documentée, illustrée, qu’il fallait sortir.

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21 septembre 2017

Combien de manifestants ? - La CSG +25%

C'était bien connu : les soirs de manifestations les grands médias audiovisuels ouvraient leurs éditions en citant le nombre de manifestants selon les organisateurs, le plus souvent la CGT, puis d'une façon plus discrète, le chiffre selon la police.
Surprise ce soir en écoutant la radio ( Europe 1 ?) puis le journal de France 2, seuls les chiffres de la police sont cités et aucun chiffre venant des organisateurs. Sur les manifs de province, un seul chiffre est donné, dont la source n'est pas cité. Résultat : un sentiment de grande confusion et des questions. Les syndicats n'ont-ils fourni aucun chiffrage ? si c'est le cas pourquoi cette nouvelle stratégie n'est-elle pas explicitée ou interrogée ? Si ce n'est pas le cas, à quoi imputer cette nouvelle attitude des grands médias. Je n'ose penser à une certaine complaisance à l'égard du pouvoir. A voir attentivement dans la presse écrite demain.

Autre traitement médiatique qui m'agace depuis plusieurs mois : la hausse de 1.7 pts de la CSG à partir du 1er janvier 2018 pour les retraites supérieures à 1 200 € par mois pour une personne seule.
Pour la plupart des gens  1.7 pts ça ne signifie pas grand chose. L'information décodée dont se flatte les journalistes, c'est au moins de dire que par cette mesure, la CSG va passer de 6,6 % à 8,3% c'est à dire qu'elle va augmentée de 25 %, c'est mathématique et plus explicite. Après on peut discuter, si la mesure est légitime ou non, juste ou non, etc.

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19 septembre 2017

La novlangue de Johanna R.

Le conseil de développement de Nantes Métro vient de publier une plaquette bienvenue sur " La Métropole : La nouvelle frontière démocratique" .Le constat est sans concession sur les nombreux domaines où Nantes est loin d'être exemplaire.
J'ai relevé cette extrait dans une des pages traitant de l'information des citoyens:
" C'est ainsi que dans la parole publique, le territoire devient forcément durable et apaisé, bienveillant, innovant, juste et solidaire, inclusif tout en étant mixte et polycentrique et surement...locavore. Il est aussi le lieu du vivre ensemble, des transitions en tous genres, des circuits courts, de la sobriété heureuse, des circulations douces et des courtes distances et fonctionne... en mode projet."
Le conseil revient sur bon nombre des propositions qu'il a émises pour la bonne efficacité du grand débat sur la Loire, et qui n'ont pas été concrétisées dans le sens souhaité, comme par exemple une assemblée délibérative tirée au sort, en même nombre que le conseil communautaire.
Dans le n° de Place Publique consacré à ce grand débat, j'avais fait part de mon appréciation sur le fameux triangle élus-services-citoyens, où les services sont rapidement dominants.

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18 septembre 2017

L’illusion de la gratuité

13 septembre 2017

Lancement de Mediacités Nantes

Lancement ce soir au Médiacampus, du premier numéro  de Mediacités Nantes, l' hebdomadaire d investigations sur Nantes.
Deux enquêtes signée l' une, d' Antony Torzec, sur The Bridge et l' autre, de Florence Pagneux sur les jeunes migrants  accueillis dans des familles Nantaises.
Beaucoup de monde dans une ambiance sympa.Bon vent !

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12 septembre 2017

Anne Nivat, Christophe Barbier, Brice Teinturier...

Anne Nivat, Christophe Barbier, Aude Lacelin, Brice Teinturier, sont quelques uns des invités de l'Observatoire des médias 2017/2018 de l'université permanente de Nantes.
Voici le programme que j'ai préparé avec les amis de l'équipe d'animation.


Anne NIVAT

Jean-Claude Charrier et l’équipe d’animation
Objectif :  Organisé autour de conférences-débats et animé par des acteurs ou des spécialistes des médias, l’Observatoire des médias s’adresse à un large public désireux de mieux connaître la société de l’information et d’en débattre.
 10 novembre – Anne NIVAT - Le grand reportage, aussi en France.                                   Docteur en Sciences Politiques Anne Nivat est reporter de guerre indépendante et écrivaine. Elle a été pendant 10 ans correspondante en Russie. Anne Nivat a réalisé de nombreux reportages dans les pays en conflits : Tchétchénie, Afghanistan, Irak… Elle est l’auteure d’une dizaine de livres, dont Chienne de guerre, prix Albert Londres en 2000. Anne Nivat a publié en 2017 Dans quelle France on vit (Fayard) un récit d’immersion dans six villes de tailles moyennes.
24 novembre – Mahir GUVEN (en remplacement d’Eric FOTTORINO indisponible)                   Le 1, une nouvelle presse écrite qui marche.                                                                        Directeur exécutif au journal « Le 1 » auquel il participe depuis sa création en avril 2014. Cet hebdomadaire totalement nouveau par sa présentation et sa ligne éditoriale a été fondé par Eric Fottorino avec Laurent Greilsamer et Natalie Thiriez. Mahir Guven est né en 1986 à Nantes, où il a vécu jusqu’à vingt ans. Après ses études et plusieurs années au sein d’un grand cabinet de conseil aux entreprises, il rejoint Eric Fottorino pour lancer le 1. En mars 2017, la même équipe s’allie à François Busnel et créée le magazine America. Mahir Guven publie en octobre 2017 son premier roman Grand frère.
1er décembre – Aude LANCELIN – La presse française : un monde libre ?
Journaliste française. Elle a été directrice adjointe de la rédaction de l’Obs de 2014 à 2016, et de la rédaction de Marianne de 2011 à 2014. Elle est notamment la coauteure des Philosophes et l’amour (Plon). De son licenciement de l’Obs elle a tiré un essai décapant Le monde libre prix Renaudot de l’essai 2016.
15 décembre – Michel URVOY-  L’avenir inquiétant du journalisme politique.          Journaliste, éditorialiste politique à Ouest France depuis 2007, il est directeur des services parisiens du journal depuis 2009 et secrétaire général de la rédaction d’Ouest France depuis 2012. Il est par ailleurs secrétaire de l’Association des Journalistes Parlementaires.

12 janvier – Philippe BILGER - Affaires, médias,  justice : la transparence à tout prix ?                    Magistrat honoraire, président de l’Institut de la parole, Philippe Bilger a été plus de vingt ans avocat général à la Cour d’Assises de Paris. Auteur de très nombreux ouvrages, il vient de publier La parole rien qu’elle aux éditions du Cerf, 2017. Philippe Bilger tient le blog Justice au singulier et un compte Twitter.
26 janvier –  Brice TEINTURIER -   Regards sur l’opinion française.                                                    Diplômé de Sciences-po, titulaire d’un DEA d’études politiques et d’un DEA de philosophie, Brice TEINTURIER  est Directeur Général Délégué France IPSOS. Expert reconnu des évolutions de l’opinion, tant dans  la sphère politique et électorale que sociétale, il intervient régulièrement dans les médias audiovisuels. Il a publié en 2017  Rien à faire, rien à foutre aux éditions Robert Laffont, prix du livre politique 2017.
9 février – Invité à préciser
16 mars - Patrick MAHEParis Match, soixante ans de scoops, soixante ans d’Histoire. Journaliste et écrivain français, il a été rédacteur en chef de Paris Match et directeur de la rédaction de Télé 7 jours. Il a créé le salon du livre en Bretagne, et est directeur de collection aux éditions du Cherche Midi. Patrick Mahé a publié un grand nombre de livres et essais, parmi lesquels, Les dossiers secrets de Paris Match (2009) Ed. Robert Laffont, Les archives de la télévision (2014) et Les héros du photojournalisme (2014) aux Éditions du Chêne.
23 mars – Daniel CORNU* - L’éthique et la déontologie du journalisme au temps de l’internet.                                                                                                                                           Daniel Cornu est médiateur du groupe de presse Suisse Tamedia. Il a été journaliste pendant trente ans et rédacteur en chef de La Tribune de Genève de 1982 à 1992 et son médiateur pendant huit ans et demi. Il a enseigné l’éthique de l’information dans plusieurs universités suisses. Daniel Cornu est notamment l’auteur de Journaliste et vérité (Labor et Fides, 1994/2009), Les médias ont-ils trop de pouvoir ? Editions du seuil, 2010, et Tous connectés ! Labor et Fides 2013.
6 avril : Christophe BARBIER –  La fonction d’éditorialiste dans le journalisme d’aujourd’hui. Editorialiste à l’hebdomadaire L’Express, Christophe Barbier «  le journaliste à l’écharpe rouge » a suivi une formation à l'ENS et est  diplômé d'un Master Spécialisé en Médias. Il a travaillé pour Le Point, puis Europe 1 avant de devenir directeur du service politique de L'Express en 1996, puis directeur de la rédaction en 2006. Il a dirigé temporairement l’hebdomadaire et mène parallèlement une carrière de comédien et metteur en scène de théâtre. Christophe Barbier intervient régulièrement dans de nombreux médias audiovisuels notamment l’émission C dans l’air sur France 5 et sur BFM TV comme éditorialiste.
Autre invité ayant donné son  accord : Serge TISSERONApprivoiser les écrans.             Psychiatre et psychanalyste, docteur en psychologie Serge Tisseron, a écrit de nombreux essais et ouvrages collectifs, et contributions qui portent principalement sur nos relations aux objets technologiques. Il a été co-rédacteur de l’avis de l’Académie des sciences  L’enfant et les écrans . Il a récemment publié  3-6-9-12, apprivoiser les écrans et grandir  ères Toulouse 2013 et  Le jour ou mon robot m’aimera, vers l’empathie artificielle  Albin Michel 2015.
*Daniel CORNU participera le lendemain dans le cadre des Rencontres de Sophie au Lieu Unique, a un débat avec Edwy Plenel sur le thème ‘Journalisme et vérité’ présenté par T. Guidet.



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31 août 2017

Soutenir Loup Bureau

Bonjour,
Je viens de signer la pétition "Les autorités Turques: Liberté pour le journaliste Loup Bureau incarcéré en Turquie depuis le 26 Juillet 2017". C'est une cause importante. Voudriez-vous la signer à votre tour ?
Voici le lien:
https://www.change.org/p/les-autorités-turques-liberté-pour-le-journaliste-loup-bureau-incarcéré-en-turquie-depuis-le-26-juillet-2017?utm_medium=email&utm_source=petition_signer_receipt&utm_campaign=triggered&share_context=signature_receipt&recruiter=46504220 
Merci,

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9 août 2017

Mieux vaut Neymar que Drahi...



Mieux vaut Neymar que Drahi : les leçons de morale ça suffît !
Par Régis de Castelnau dans Causeur 7 août 2017

Avec l’arrivée de Neymar au PSG, on vient de vivre une jolie séquence de mépris de classe et d’aversion sociale. Chez les CSP plus ou moins plus, ce ne fut qu’une clameur : « Ces cons de prolos qui aiment le foot! Bandes d’abrutis! »
Dans un premier temps, ce furent les cris d’orfraie à propos des sommes en jeu dans ce transfert, puis les crachats sur ceux qui se réjouissaient ou qui faisaient la queue pour acheter son maillot.
Tiens, à propos de maillot, une petite histoire qui se passe dans le monde du rugby, mais qui en dit long. Et qui servira d’introduction.
C’est l’histoire d’un enfant lourdement handicapé en fauteuil roulant que son père accompagne au stade pour une rencontre de coupe d’Europe. Celui-ci avise le président du club qui reçoit et lui demande l’autorisation de faire un saut dans le vestiaire avant le match pour que son fils y voie son idole, l’Irlandais Sexton. Aussitôt dit aussitôt fait, la chaise roulante parcourt les couloirs et rentre dans le vestiaire. Au moment où Sexton s’approche, le gamin, les yeux brillants, écarte brusquement son blouson pour faire apparaître le maillot floqué au nom de son héros. Celui-ci gorge nouée, yeux embués, et mains tremblantes l’embrasse et lui promet le maillot qu’il porte pour la fin du match. Dans ce vestiaire plein de colosses sentant l’embrocation, on n’entend plus que des reniflements.
Il n’y a qu’un seul Neymar
Et c’est exactement la même chose dans le foot. Il suffit d’écouter Blaise Matuidi. Parce que oui, on l’aime le « passing game ». Le jeu du peuple, de tous les peuples. Et ceux qui y jouent et nous donnent ce plaisir, on les aime aussi. Et tant mieux s’ils gagnent du fric. Eux ne le volent pas. Il y a UN Neymar dans le monde, UN. Qui a bossé comme un chien pour y arriver. Comme il n’y avait qu’UN Zidane. Et des centaines de millions de gens qui les admirent (à juste titre). Même si on sait et le déplore, le rôle du big business qui se gave autour d’eux.
Mais personne ne semble choqué par la fortune d’un Drahi prédateur qui ne crée aucune valeur et s’est contenté de racheter les entreprises des autres avec l’aide de Macron. Il est pourtant 100 fois plus riche que Neymar. Personne ne s’offusque des Yachts à 200 millions d’€ pièce alignés par dizaines à Saint Tropez et par centaines à Monaco. Mais un gosse des quartiers qui sort du rang, c’est insupportable.
En général, les footeux ne se renient pas
Un grand joueur de football c’est une entreprise économique. Ils gagnent beaucoup d’argent mais ceux qui les emploient encore plus. Et ils font des sacrifices, renoncent à leur jeunesse, travaillent, et travaillent encore dans un système où il y a tant d’appelés et tellement peu d’élus. Quand ils deviennent riches, ils en font profiter la famille, le village, la ville. Parce que les footeux ne se renient pas en général.
Alors pourquoi tant d’amour pour ce jeu où on ne peut même pas mettre les mains?
« Le football est universel parce que la bêtise est universelle » disait Jorge Luis Borges, modèle d’arrogance intellectuelle qui se prenait très au sérieux. Mais là il y va quand même un peu fort. Ce qui apporte un peu d’eau à son moulin, c’est que la littérature entretient peu de rapports avec le foot. Pourquoi le football n’est-il pas lui aussi une « province naturelle de la littérature » comme le vélo ? Mystère. Pourtant, beaucoup d’écrivains l’ont aimé, voire  adoré. Beaucoup d’intellectuels aussi. Tous en ont parlé, plus pour se justifier de leur passion que pour l’expliquer. Souvent pour ne pas dire grand-chose. Comme Albert Camus: «Le peu de morale que je sais, je l’ai appris sur les terrains de football et les scènes de théâtre qui resteront mes vraies universités ». Précédé par Antonio Gramsci qui vante le « royaume de la loyauté humaine exercée au grand air ».
Neymar, madeleine de Proust des enfants d’aujourd’hui
Les passionnés qui ont pratiqué (j’ai eu cette maladie, qui s’est révélée incurable) se demandent ce qu’ils pourraient bien dire. Pasolini, qui y voyait « un phénomène de civilisation tellement important », a réglé le problème en expliquant que ce sport n’avait pas besoin de mots, son langage se suffisant à lui-même et à ceux qui le comprennent. Pirouette confortable, qui permet d’en faire une auberge espagnole. Chacun va y apporter ses penchants, ses souvenirs et ses émotions. Et les activer, qui en tapant dans le ballon, qui en regardant les autres le faire. En commençant par ce qui vient de son enfance.
Écoutez ceux qui vous parlent de leur passion pour le football, ils commencent tous par raconter leur premier souvenir de foot. En général vers huit ans, souvent avec son père, l’évocation, au travers d’un souvenir enjolivé, d’un moment de bonheur émerveillé. Avec d’immenses héros lointains, Kopa, Pelé, Platini, Maradona, Zidane, Messi, Neymar… Chacun a les siens, mais en fait, c’est toujours le même. Avec Saint-Exupéry, nous sommes tous « de notre enfance comme d’un pays ».
Le capitalisme a toujours fait du jeu une marchandise
Et puis au football, on y vient avec sa culture. C’est elle qui dictera aussi nos réactions. Ah, la soirée du 8 juillet 1982 à Séville, où la France, ridicule depuis 25 ans, parvenait en demi-finale du tournoi mondial où  elle affrontait l’Allemagne. En alignant, face aux brutes germaniques, un milieu de terrain constitué de quatre fils d’immigrés efflanqués qui était le meilleur du monde. Chacun connaît l’histoire et sa fin, horrible concentré d’injustice. Je me demande bien comment Camus et Gramsci auraient pu voir de la morale et de la loyauté dans l’agression de Schumacher et le penalty manqué par Bossis. Je ne fus pas vraiment surpris de la réaction d’une partie du public français qui, souvent Poulidoriste, adorant les vainqueurs qui perdent, invoqua la malchance, vaguement l’injustice, et plaignit beaucoup les vaincus. Pour ma part, c’était simple et stupide : la haine du boche.
Heureusement, intellectuels gommeux et petits-bourgeois sans passion nous expliquent doctement qu’en fait, nous sommes manipulés. On va nous apprendre tout d’abord que le football est un moyen de gouvernement, un moyen de pression vis-à-vis de l’opinion publique et une manière d’encadrement idéologique des populations. Ensuite, qu’il est devenu un secteur d’accumulation de richesse, d’argent, et donc de capital. C’est une marchandise clé du capitalisme mondialisé. Et enfin, il constitue un corps politique, un lieu d’investissement idéologique sur les gestes, les mouvements. Bigre. Il est vrai que la FIFA n’est guère reluisante. Association à but non lucratif, elle est en réalité une holding transnationale gérant le capital sportif et sa marchandisation. Un milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2013, et autant de réserves financières. Mais la transformation d’un jeu en marchandise n’est pas une nouveauté, le capitalisme l’a toujours fait, dès lors que ce jeu en valait la chandelle.
Le grand-pont de Pelé sur Mazurkiewicz
Cette approche ne répond pas à la question : pourquoi est-ce que tout le monde joue au foot aux quatre coins de la planète sur des terrains vagues, dans des cours d’école, sur les plages ? Et depuis très longtemps. Contrairement à ce que l’on peut penser, en Nouvelle-Zélande, le premier sport pratiqué est bien le football. Et comme, c’est le peuple qui joue, c’est souvent le sport des ouvriers, Jean-Claude Michéa, adorateur du foot mais conscient du problème, nous propose une explication compatible avec sa chère «common decency ». Alors, pourquoi cette fascination pour ce jeu bizarre, qu’on peut certes jouer partout, mais où le descendant d’Homo habilis n’a pas le droit de se servir de ses mains ?
La plus belle et fugace œuvre d’art que j’ai eu l’occasion de voir dans ma vie est « le grand-pont sur Mazurkiewicz ». Le grand-pont, c’est celui de Pelé en demi-finale de la coupe du monde 1970. Parti de la droite du terrain, il va à la rencontre d’une grande transversale que vient de lui délivrer Tostao. Le gardien uruguayen sort à sa rencontre. Pelé croise la trajectoire du ballon sans le toucher. Crucifiant le gardien stupéfait qui voit la balle passer à sa gauche et Pelé à sa droite.
Durée de la séquence trois secondes. Du geste génial qui nous arrache un cri que j’entends encore, une demie seconde. Fulgurance qui résume bien le football, un sport d’équipe organisé et rationnel et un JEU individuel et irrationnel.
Je n’aime pas trop le PSG, mais je vais me régaler à regarder jouer Neymar. En attendant M’Bappé…
Régis de Castelnau dans Causeur 7 août 2017

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